OMBILICUS

OMBILICUS

Short Film

DIRECTOR

CINEMATOGRAPER

YEAR

Sébastien Lagrevol

Sylvain Raby

2024

LE MONDE

Dans un appartement vétuste, un adolescent vit heureux, au rythme que sa mère lui impose. Quand l’extérieur pénètre accidentellement son monde, le garçon est attiré par l'inconnu mais sa mère et cette chose qui vit dans les murs ne l'entendent pas de cette oreille.


La construction

Le film s’est fabriqué dans un cadre d’autoproduction avec AUUNA, dans une énergie très libre, presque artisanale, où chaque décision avait un poids réel. J’ai accepté ce projet avec une joie immédiate, autant pour la force de son univers que pour la relation de confiance avec Sébastien Lagrevol. Le travail s’est construit plan par plan, dans un dialogue constant, à partir de références partagées comme The Whale et Delicatessen, mais surtout à partir de sensations : densité des espaces, poids des murs, enfermement des cadres, respiration des corps. Le découpage, la lumière et le cadre ont été pensés ensemble, comme une seule écriture. Le rythme de travail était intense, porté par une équipe image engagée, précise, et profondément investie.

Le tournage s’est appuyé sur un choix technique précis : la Sony FX6 associée aux optiques cinéma Angénieux de la série Prime, dont la restitution douce des contrastes, la profondeur des noirs et la subtilité des transitions de mise au point ont permis de construire une image à la fois dense et organique. Le parti pris d’une base de sensibilité élevée a ensuite permis de modeler une lumière ultra diffuse, maîtrisée, capable d’épouser les volumes de l’espace sans jamais les écraser, et d’accompagner la lente transformation du regard d’Émile.

RÉSULTAT

Le film s’est construit autour d’un parcours lumineux qui accompagne l’émancipation progressive d’Émile face à l’emprise de sa mère. À l’intérieur, la lumière reste douce, basse, presque étouffée, comme retenue par les murs : une clarté lugubre, diffuse, qui enveloppe les corps et maintient le personnage dans un état de suspension. À l’inverse, chaque intrusion du dehors se manifeste par une lumière dure, tranchante, presque violente, qui découpe l’espace et ouvre des brèches dans cet univers clos. Au fil du récit, le cadre s’élève peu à peu, révélant la verticalité de la maison et transformant l’amas organique du mur en une présence à part entière, comme un troisième personnage silencieux, observateur et oppressant. La mise en scène de la lumière et du cadre dessine ainsi le mouvement intérieur d’Émile : du confinement à l’appel du dehors, de la douceur toxique à l’éclat brutal.

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